• Hiroshima et Nevers (en France)

     

    J'en ai passé des nuits à t'attendre les yeux rivés au ciel en plastique au dessus de mon lit sans drap, à ne jamais trouver le sommeil les yeux grands ouverts sur rien du tout, regarde dans le vide entre nous deux, l'espace d'une seconde t'es à l'autre bout du monde et je peux plus respirer. Comme une main sur ma gorge qui m'étouffe doucement pendant que je dors, c'est sur ton monde glacial que j'ai échoué.

    Et ça fait un truc bizarre au-dedans de moi, un bout de ciel qui s'ouvre sur la nuit noire et j'ai du pétrole plein les yeux.

    Déclassé.

    J'ai la peau comme de l'eau gelée, du papier d'Arménie qui s'enflamme à l'allumette.

    On se ressemble un peu, nos hématomes crochus qui s'emboîtent, allongés à même le sol, on voyage, regarde comme c'est beau ma ville la nuit, et se perdre dans les rues de chez moi avoir peur juste pour te serrer fort la main, tout est éphémère.

    Tu feras Nevers, je ferais Hiroshima.

    J'ai tout digéré en vomissant par la fenêtre, tourné les yeux pour ne pas voir dans le miroir, le reflet d'un autre que moi qui crie famine.

    Moi j'ai pas faim

    Moi j'ai pas faim.


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